Moi, 45 ans,…je joue à la poupée sur internet !
19 juin, 2007 perso

C’est la dernière folie de la Toile. Elles sont des dizaines de milliers à se connecter. Essentiellement des adultes.
Si passé 25 ans l’envie vous reprend de jouer à la poupée, osez ma-bimbo.com ! Lancé en décembre 2006 par trois jeunes diplômés Nantais et une graphiste marseillaise, ce jeu en ligne rose bonbon et plein d’autodérision compte déjà 285 000 inscrits. C’est le phénomène Internet du moment. Le but est simplissime : devenir la nana la plus populaire de Bimbo Land. Pour réaliser cet exploit, les épreuves sont nombreuses : après avoir créé votre avatar au look de poupée, vous devez gagner le maximum de « bimbos attitude » (points de popularité) en accomplissant des missions essentielles comme changer de coiffure, s’habiller à la mode, prendre des cours d’aérobic, minauder en discothèque, se faire refaire les seins… Après trois ou quatre missions payantes en monnaie virtuelle (9000 bimbos d’or = 1,80 €), les internautes passent au niveau supérieur. Le coiffeur réalise des coupes de plus en plus tendance, la boutique de mode propose des fringues de plus en plus fashion. Chaque semaine, ils sont des dizaines de milliers à rejoindre la « communauté bimbo » et son univers Barbie des temps modernes.
Liberté et insouciance
Les concepteurs sont encore tout étonnés du « buzz » fait autour de leur site. « Au début, on pensait faire marrer les garçons mais les filles représentent 90 % des habitués » commentent Benoît Guihard et Jean-Philippe Tessier, 21 et 22 ans. Encore plus surprenant : les joueuses ont entre 8 et…45 ans (âge déclaré). Et parmi les vingt premières au « classement bimbo », une bonne dizaine a plus de 25 ans !
« Que le jeu soit fondé sur les loisirs d’une fille superficielle, je ne trouve pas ça macho. Au contraire, c’est léger et drôle. Je l’impression de retomber en enfance et de jouer à la Barbie, confie Linda, 29 ans, assistante sociale dans les Hauts-de-Seine. Ma bimbo est tellement bien foutue que je peux l’habiller comme je veux c’est génial ! » Habituée des émissions de télé-réalité et des jeux d’élevage sur Internet, Véronique, 40 ans, employée d’un journal à Clermont-Ferrand, a abandonné sa vache et son cochon pour se consacrer pleinement à sa nouvelle amie. « Dès que je me lève, je me connecte au jeu par réflexe. Comme je ne travaille jamais le matin, j’ai tout le temps de m’occuper de Charlottine [sa bimbo]. Je l’emmène à la salle de gym ou chez l’esthéticienne, ça dépend des jours. Ma fille de 12 ans a aussi sa bimbo mais c’est moi qui suis devenue accro ! » Inscrite depuis début janvier, Véronique a déjà dépensé 250 € (via un système d’appel surtaxé à 1,80 €) pour réapprovisionner son compte en monnaie virtuelle et évoluer dans le jeu. « Dans la vie, j’ai un style garçon manqué alors que ma bimbo est très féminine. Elle est comme une bonne copine à qui j’aimerais ressembler. Quand des amis viennent dîner à la maison, mon écran d’ordinateur reste allumé. Ca agace mon mari ! »
Pour Elizabeth Rossé, psychologue à l’hôpital Marmottan à Paris, c’est « la multiplication des caractéristiques idéales de l’avatar qui crée le processus d’identification. Les joueuses projettent leurs envies sur leur personnage. Elles fantasment une vie sur laquelle elles ont une emprise relative qui les rassure. Elles recherchent liberté et insouciance. » Un esprit frivole bien restitué par Céline Ananian, 23 ans, la graphiste du site. « Je m’y suis tout de suite retrouvée, explique Séverine, 28 ans, en congé maternité et deuxième du « classement bimbo ». Je me connecte dix fois par jour. Le plus dingue, c’est que je reçois une soixantaine de mails quotidiens de concurrentes qui me demandent des conseils pour évoluer dans le jeu ! »
En mai, 65 000 visiteurs se sont connectés sur ma-bimbo.com uniquement via le moteur de recherche jeu-gratuit.net (ils étaient 50 000 en avril et 30 000 en mars). « Dans la catégorie « jeux d’élevage », c’est le site qui a le plus important taux de visite » observe Alex Ergalant, spécialiste en jeux en ligne. Une version anglaise est dans les tuyaux… Une bimbo bilingue avec le sens des affaires, on aura tout vu !
Sébastien TRANCHANT © Marianne
Tags: internet, jeu, ma-bimbo.com
Délires d’artistes à tous les étages
22 fév, 2007 perso

Dans le hall, du mobilier de bois brut signé d’un designer hollandais réputé. Au mur, une peinture multicolore « vintage » aux dimensions gigantesques. Au bout du couloir, une bibliothèque de 8 000 ouvrages. « Avec le musée des Beaux-Arts de Nantes, le Fonds régional d’art contemporain [Frac] est un des lieux les plus complets sur l’art contemporain dans la région », affirme son documentaliste, Emmanuel Lebeau. Créé en 1982, le Frac s’est beaucoup promené avant de s’implanter à Carquefou en 2000. Après l’abbaye royale de Fontevraud (Maine-et-Loire), la villa de la Garenne-Lemot et un entrepôt à Nantes, c’est depuis le technopôle de La Fleuriaye qu’il remplit aujourd’hui sa mission. A savoir, l’achat d’oeuvres et la sensibilisation du public à travers de nombreuses expositions organisées dans toute la région et à l’étranger. « Le site reste finalement assez proche du coeur de l’agglomération. Et surtout, ce bâtiment est totalement adapté à nos besoins, contrairement à nos anciens locaux, explique Emmanuelle Martini, l’une des douze permanentes du site. Nous disposons de deux salles d’exposition fréquentées par 9 000 visiteurs par an et de trois réserves climatisées qui permettent de conserver les oeuvres dans les meilleures conditions. » Au fil des ans, le Frac s’est constitué un trésor composé de 7 000 pièces. Chaque année, 150 000 € sont dépensés pour enrichir cette collection. Au sous-sol, dans les réserves interdites au public, on croise des oeuvres étonnantes : un mannequin de Tolstoï recouvert de fientes de poules ; une toile d’1 m2 entièrement réalisée en rouge à lèvres ; un fiacre miniature en mie de pain et feuilles d’or… « La collection demande pas mal d’entretien, car beaucoup d’oeuvres sont réalisées à partir de matériaux expérimentaux », souligne la restauratrice Carmen Beillevaire. En ce moment, elle travaille sur Le Bar des acariens, exposé il y a quelques mois au Grand Palais, à Paris, mais endommagé depuis par la lumière du soleil. Dans son bureau, Carmen bichonne les oeuvres abîmées. Et passe, quand c’est nécessaire, « un petit coup de fil à l’artiste ».
Sébastien TRANCHANT © 20 Minutes
Tags: frac, pays de la loire
J’ai cherché à Paris une chambre d’hôtel à 60 €
1 mai, 2005 perso
Se loger sans se ruiner pour un voyage d’affaires à Paris, mission impossible ? L’Entreprise a voulu en avoir le coeur net. Et a lancé un pari à l’un de ses journalistes. Il l’a gagné. Récit de sa chasse aux bons plans.
Il en a de bonnes, mon rédacteur en chef. « Sachant qu’un chef d’entreprise dépense en moyenne 100 euros par nuit s’il doit se loger à Paris, tu vas chercher un bon hôtel, mais à 60 euros ! Et pas en banlieue… » Il n’était pas sûr que cela soit possible. Et moi donc, quand j’ai appris que même les deux-étoiles de la capitale affichent un tarif moyen de 84 euros la nuit ! Mais j’ai bien l’intention de le gagner, ce pari. L’offre défrichée, trois axes de recherche se présentent à moi : les hôtels traditionnels, les promotions des chaînes et les chambres d’hôtes chez l’habitant. J’oublie les arrondissements du bord de Seine pour regarder vers l’est et le nord de Paris, où le prix du foncier est moins élevé. « Aux alentours de 60 euros, vous n’obtiendrez que des une-étoile, voire les deux-étoiles les moins rénovés. Internet ne sera pas disponible, la télévision ne sera pas câblée et le petit déjeuner sera frugal », me dit-on à l’office de tourisme de Paris. Verdict : vrai et faux.
Petits hôtels plus ou moins corrects
Depuis 1986, les tarifs hôteliers sont libres. Résultat : un taudis se loue parfois plus cher qu’un hôtel confortable. Il faut aussi se méfier de ce qu’on lit sur le web. Un établissement bas de gamme n’offre pas le service wi-fi ! Le contraire est un mensonge. Or, sur le site de l’office de tourisme de Paris, l’hôtel Athéna, référencé une étoile et situé dans le IXe arrondissement, se vante de proposer la connexion wi-fi et des chambres à partir de 35 euros. Sur place, je me rends compte que les tarifs oscillent entre 42 et 54 euros et que les chambres, à la propreté tout juste passable, ne sont pas équipées de wi-fi. « Internet ? Ça marche comment, ça ? » me rétorque même le tenancier.
Sur près de 600 hôtels indépendants recensés une et deux étoiles à Paris, il est inévitable de rencontrer ce genre d’arnaque. Mais la capitale recèle aussi de petites perles comme le Palma Hôtel, situé à 150 mètres du métro Gambetta. L’établissement propose une chambre climatisée avec douche/WC pour 57 euros en période « hors salons » (59 euros autrement) . Les hôteliers pratiquent un tarif préférentiel durant les saisons où la clientèle d’affaires tend à déserter la capitale. Ce fameux « hors salons » est en vigueur de décembre à février et en juillet-août. Le rabais va jusqu’à 40% dans un hôtel de chaîne, contre 12% chez un indépendant. Atout supplémentaire pour « mon » hôtel : la chambre est équipée d’une télévision câblée (15 chaînes) et d’une connexion wi-fi au forfait de 2,95 euros la journée ! Le petit déjeuner à 6 euros n’est pas compris mais « est offert en période creuse ». A ce prix-là, c’est ce qu’on fait de mieux. Le patron, Bertrand Lecourt, par ailleurs président de la chambre syndicale des hôteliers de Paris, le dit lui-même : « Du fait de mes responsabilités syndicales, je me dois aussi de montrer l’exemple. » Et c’est tant mieux pour moi !
Chaînes abordables lors des promos
Les chaînes d’hôtels pratiquent le yield ! Cela signifie qu’elles bradent le prix de leurs chambres quand le taux d’inoccupation est trop élevé. Le montant des promos, les périodes de rabais (les mois « hors salons » auxquels s’ajoutent des offres ponctuelles liées à des annulations) diffèrent selon les politiques maison. Mais les clients obtiennent sans mal jusqu’à 40% de remise, quelle que soit la catégorie de l’hôtel. Dans ces conditions, un beau trois-étoiles des Champs-Elysées reste abordable. Pour dégoter des rabais monstres, internet est l’outil idéal. Sur des sites comme Opodo.fr, Lastminute.com, Voyages-sncf.com, Expedia.fr ou encore Parisinfo.com, j’ai trouvé des tonnes de promos en quelques clics. Et, si les chambres bradées semblent épuisées, on peut toujours passer le coup de fil de la dernière chance, au cas où un groupe viendrait d’annuler sa réservation.
Hors promos, seulement quinze hôtels de chaîne – dont sept deux-étoiles – proposent des chambres à moins de 60 euros la nuit. Ils sont situés dans les XIVe, XVe, XIXe, XXe arrondissements et aux portes de la capitale. Avec mon budget restreint, impossible en période « salon » d’élire domicile dans un Ibis ou un Libertel aux tarifs compris entre 75 et 90 euros la nuit. Je dois me rabattre sur des enseignes plus modestes comme Etap Hôtel (entre 41 et 47 euros, petit déjeuner non compris).
Il n’est pas plus rentable de s’installer dans un hôtel de proche banlieue. L’économie faite sur la chambre est engloutie dans la course du taxi qui m’emmène à mon centre d’affaires. Le bon plan, c’est un hôtel à proximité d’une bouche de métro et situé juste de l’autre côté du boulevard périphérique. Selon qu’un deux-étoiles se trouve à l’intérieur ou à l’extérieur du périph, la note chute en moyenne de 6 euros. De 4 euros pour la catégorie inférieure.
Chambres d’hôtes plutôt rares
Par rapport à Londres, par exemple, où les Bed and Breakfast abondent, Paris est à la traîne. La ville travaille à la rédaction d’une charte qualité des chambres d’hôtes. Un label devrait même voir le jour d’ici à l’été. A l’heure actuelle, quelques chambres se louent, en périphérie, de 50 à 60 euros la nuit. Gros inconvénients : la salle de bains à partager quasi systématiquement avec les hôtes, le petit déjeuner en commun. Et pas question de commander un sandwich à minuit ! Bref, la formule n’est pas la plus adaptée aux patrons voyageurs.
L’enseigne Bed and Breakfast Italia a peut-être trouvé un compromis acceptable. Et pour un budget maximal de 49,90 euros par personne et par nuit. Le champion italien des chambres d’hôtes recherche des appartements « plus indiqués pour recevoir des chefs d’entreprise ». « Plus indiqués » signifiant localisés en centre-ville, confortables, équipés d’un accès internet dans la chambre, éventuellement d’un fax. « D’ici à septembre, on aura sélectionné une vingtaine d’adresses », estime Luca Trizzino, responsable du projet. En Italie, la formule « business » cartonne : en deux ans et demi, 1 500 adresses ont été répertoriées, pour un chiffre d’affaires de 550 000 euros, soit plus de 20% du chiffre d’affaires global du groupe ! En attendant, la seule alternative à Paris s’articule autour de la location d’appartements tout équipés.
Sébastien TRANCHANT © Magazine L’Entreprise
Tags: hébergement, hôtel, paris


