C’est la dernière folie de la Toile. Elles sont des dizaines de milliers à se connecter. Essentiellement des adultes.
Si passé 25 ans l’envie vous reprend de jouer à la poupée, osez ma-bimbo.com ! Lancé en décembre 2006 par trois jeunes diplômés Nantais et une graphiste marseillaise, ce jeu en ligne rose bonbon et plein d’autodérision compte déjà 285 000 inscrits. C’est le phénomène Internet du moment. Le but est simplissime : devenir la nana la plus populaire de Bimbo Land. Pour réaliser cet exploit, les épreuves sont nombreuses : après avoir créé votre avatar au look de poupée, vous devez gagner le maximum de « bimbos attitude » (points de popularité) en accomplissant des missions essentielles comme changer de coiffure, s’habiller à la mode, prendre des cours d’aérobic, minauder en discothèque, se faire refaire les seins… Après trois ou quatre missions payantes en monnaie virtuelle (9000 bimbos d’or = 1,80 €), les internautes passent au niveau supérieur. Le coiffeur réalise des coupes de plus en plus tendance, la boutique de mode propose des fringues de plus en plus fashion. Chaque semaine, ils sont des dizaines de milliers à rejoindre la « communauté bimbo » et son univers Barbie des temps modernes.
Liberté et insouciance
Les concepteurs sont encore tout étonnés du « buzz » fait autour de leur site. « Au début, on pensait faire marrer les garçons mais les filles représentent 90 % des habitués » commentent Benoît Guihard et Jean-Philippe Tessier, 21 et 22 ans. Encore plus surprenant : les joueuses ont entre 8 et…45 ans (âge déclaré). Et parmi les vingt premières au « classement bimbo », une bonne dizaine a plus de 25 ans !
« Que le jeu soit fondé sur les loisirs d’une fille superficielle, je ne trouve pas ça macho. Au contraire, c’est léger et drôle. Je l’impression de retomber en enfance et de jouer à la Barbie, confie Linda, 29 ans, assistante sociale dans les Hauts-de-Seine. Ma bimbo est tellement bien foutue que je peux l’habiller comme je veux c’est génial ! » Habituée des émissions de télé-réalité et des jeux d’élevage sur Internet, Véronique, 40 ans, employée d’un journal à Clermont-Ferrand, a abandonné sa vache et son cochon pour se consacrer pleinement à sa nouvelle amie. « Dès que je me lève, je me connecte au jeu par réflexe. Comme je ne travaille jamais le matin, j’ai tout le temps de m’occuper de Charlottine [sa bimbo]. Je l’emmène à la salle de gym ou chez l’esthéticienne, ça dépend des jours. Ma fille de 12 ans a aussi sa bimbo mais c’est moi qui suis devenue accro ! » Inscrite depuis début janvier, Véronique a déjà dépensé 250 € (via un système d’appel surtaxé à 1,80 €) pour réapprovisionner son compte en monnaie virtuelle et évoluer dans le jeu. « Dans la vie, j’ai un style garçon manqué alors que ma bimbo est très féminine. Elle est comme une bonne copine à qui j’aimerais ressembler. Quand des amis viennent dîner à la maison, mon écran d’ordinateur reste allumé. Ca agace mon mari ! »
Pour Elizabeth Rossé, psychologue à l’hôpital Marmottan à Paris, c’est « la multiplication des caractéristiques idéales de l’avatar qui crée le processus d’identification. Les joueuses projettent leurs envies sur leur personnage. Elles fantasment une vie sur laquelle elles ont une emprise relative qui les rassure. Elles recherchent liberté et insouciance. » Un esprit frivole bien restitué par Céline Ananian, 23 ans, la graphiste du site. « Je m’y suis tout de suite retrouvée, explique Séverine, 28 ans, en congé maternité et deuxième du « classement bimbo ». Je me connecte dix fois par jour. Le plus dingue, c’est que je reçois une soixantaine de mails quotidiens de concurrentes qui me demandent des conseils pour évoluer dans le jeu ! »
En mai, 65 000 visiteurs se sont connectés sur ma-bimbo.com uniquement via le moteur de recherche jeu-gratuit.net (ils étaient 50 000 en avril et 30 000 en mars). « Dans la catégorie « jeux d’élevage », c’est le site qui a le plus important taux de visite » observe Alex Ergalant, spécialiste en jeux en ligne. Une version anglaise est dans les tuyaux… Une bimbo bilingue avec le sens des affaires, on aura tout vu !
Moi, 45 ans,…je joue à la poupée sur internet !
C’est la dernière folie de la Toile. Elles sont des dizaines de milliers à se connecter. Essentiellement des adultes.
Si passé 25 ans l’envie vous reprend de jouer à la poupée, osez ma-bimbo.com ! Lancé en décembre 2006 par trois jeunes diplômés Nantais et une graphiste marseillaise, ce jeu en ligne rose bonbon et plein d’autodérision compte déjà 285 000 inscrits. C’est le phénomène Internet du moment. Le but est simplissime : devenir la nana la plus populaire de Bimbo Land. Pour réaliser cet exploit, les épreuves sont nombreuses : après avoir créé votre avatar au look de poupée, vous devez gagner le maximum de « bimbos attitude » (points de popularité) en accomplissant des missions essentielles comme changer de coiffure, s’habiller à la mode, prendre des cours d’aérobic, minauder en discothèque, se faire refaire les seins… Après trois ou quatre missions payantes en monnaie virtuelle (9000 bimbos d’or = 1,80 €), les internautes passent au niveau supérieur. Le coiffeur réalise des coupes de plus en plus tendance, la boutique de mode propose des fringues de plus en plus fashion. Chaque semaine, ils sont des dizaines de milliers à rejoindre la « communauté bimbo » et son univers Barbie des temps modernes.
Liberté et insouciance
Les concepteurs sont encore tout étonnés du « buzz » fait autour de leur site. « Au début, on pensait faire marrer les garçons mais les filles représentent 90 % des habitués » commentent Benoît Guihard et Jean-Philippe Tessier, 21 et 22 ans. Encore plus surprenant : les joueuses ont entre 8 et…45 ans (âge déclaré). Et parmi les vingt premières au « classement bimbo », une bonne dizaine a plus de 25 ans !
« Que le jeu soit fondé sur les loisirs d’une fille superficielle, je ne trouve pas ça macho. Au contraire, c’est léger et drôle. Je l’impression de retomber en enfance et de jouer à la Barbie, confie Linda, 29 ans, assistante sociale dans les Hauts-de-Seine. Ma bimbo est tellement bien foutue que je peux l’habiller comme je veux c’est génial ! » Habituée des émissions de télé-réalité et des jeux d’élevage sur Internet, Véronique, 40 ans, employée d’un journal à Clermont-Ferrand, a abandonné sa vache et son cochon pour se consacrer pleinement à sa nouvelle amie. « Dès que je me lève, je me connecte au jeu par réflexe. Comme je ne travaille jamais le matin, j’ai tout le temps de m’occuper de Charlottine [sa bimbo]. Je l’emmène à la salle de gym ou chez l’esthéticienne, ça dépend des jours. Ma fille de 12 ans a aussi sa bimbo mais c’est moi qui suis devenue accro ! » Inscrite depuis début janvier, Véronique a déjà dépensé 250 € (via un système d’appel surtaxé à 1,80 €) pour réapprovisionner son compte en monnaie virtuelle et évoluer dans le jeu. « Dans la vie, j’ai un style garçon manqué alors que ma bimbo est très féminine. Elle est comme une bonne copine à qui j’aimerais ressembler. Quand des amis viennent dîner à la maison, mon écran d’ordinateur reste allumé. Ca agace mon mari ! »
Pour Elizabeth Rossé, psychologue à l’hôpital Marmottan à Paris, c’est « la multiplication des caractéristiques idéales de l’avatar qui crée le processus d’identification. Les joueuses projettent leurs envies sur leur personnage. Elles fantasment une vie sur laquelle elles ont une emprise relative qui les rassure. Elles recherchent liberté et insouciance. » Un esprit frivole bien restitué par Céline Ananian, 23 ans, la graphiste du site. « Je m’y suis tout de suite retrouvée, explique Séverine, 28 ans, en congé maternité et deuxième du « classement bimbo ». Je me connecte dix fois par jour. Le plus dingue, c’est que je reçois une soixantaine de mails quotidiens de concurrentes qui me demandent des conseils pour évoluer dans le jeu ! »
En mai, 65 000 visiteurs se sont connectés sur ma-bimbo.com uniquement via le moteur de recherche jeu-gratuit.net (ils étaient 50 000 en avril et 30 000 en mars). « Dans la catégorie « jeux d’élevage », c’est le site qui a le plus important taux de visite » observe Alex Ergalant, spécialiste en jeux en ligne. Une version anglaise est dans les tuyaux… Une bimbo bilingue avec le sens des affaires, on aura tout vu !
Sébastien TRANCHANT © Marianne