Chez British airways, on travaille gratuitement maintenant
18 juin, 2009 emploi, économie
Ils ont de l’humour ces Anglais. Mais là, on rit jaune… La compagnie British Airways a en effet proposé à ses 30 000 salariés britanniques de travailler gratuitement pour – rien que ça ! – permettre à l’entreprise « de survivre ». Le groupe a accusé en 2008 une perte nette de 425 millions d’euros (exercice bouclé au 31 mars) contre un bénéfice record de 712 millions d’euros l’année précédente.
Cette proposition a été adressée aux salariés par un email signé Willie Walsh, le directeur général de la compagnie. En substance, celui-ci demande à ses salariés de travailler bénévolement, voire de prendre un congé sans solde, entre une semaine et un mois afin que l’entreprise réduise le montant de ses pertes. Willie Walsh a lui-même promis de travailler gratuitement en juillet, ce qui fera économiser à British Airways quelque 73 000 euros.
Objectif : 2000 départs
Les réactions ne se sont pas faites attendre. « C’est Non ! Nous n’accepterons pas ça. J’adorerais prendre un mois de congés sans solde mais je ne peux me le permettre » a commenté ironiquement sur le site de la BBC un bagagiste d’Heathrow, l’aéroport de Londres. Il y a un mois, la direction de British Airways avait déjà formulé une demande similaire suivie par « plus de 1000 salariés » selon la presse britannique. Un chiffre qui visiblement ne satisfait pas totalement Willie Walsh.
Parallèlement à cette proposition, « l’entreprise aimerait obtenir 2000 départs volontaires de personnels navigants sur un total de 14 000. Des départs pourraient également concerner certains pilotes d’ici peu » indique L’Expansion.com
Interrogé sur le « cas British Airways » sur France Inter, Ernest-Antoine Sellière, le patron des patrons européens, a déclaré que cette initiative visait surtout « à protéger l’emploi et à ne pas licencier. Travailler un mois gratuitement, c’est de la formulation. Cela revient en réalité à accepter une baisse d’environ 10 % de salaire. »
(extrait de la matinale de France Inter du 18 juin. Durée : 2 mn)
Il y a quelques semaines, Cathay Pacific avait également encouragé ses salariés à prendre des congés non rémunérés. En pleine tourmente économique, les compagnies aériennes sont contraintes de se restructurer les unes après les autres.
Sébastien TRANCHANT
Tags: compagnies aériennes, crise, économie, emploi
« Avec nos deux salaires, on ne vit pas, on survit ! »
19 mar, 2007 économie

« On a l’impression d’être les oubliés de la campagne présidentielle. Les candidats parlent des plus démunis et des plus riches. Mais aux classes moyennes on leur promet quoi ? Rien ! » A l’approche de l’élection, le ras-le-bol s’exprime ouvertement au lotissement neuf du Clairais à Thouaré-sur-Loire, petite bourgade située à une quinzaine de kilomètres à l’ouest de Nantes. Ici, en 5 ans, se sont construits 47 logements HLM et 154 maisons individuelles. La majorité disposant d’un jardinet délimité par sa clôture grillagée.
Première préoccupation des habitants : le pouvoir d’achat. « Quand on nous dit que les prix n’ont pas augmenté depuis le passage à l’euro, on nous raconte des salades, s’emporte Florence, 30 ans, caissière en grande surface. Avec deux salaires, mon mari et moi, on ne vit pas, on survit !» « On a dû faire une croix sur les loisirs, poursuit Laurent, 34 ans, vendeur d’électroménager. Avec trois enfants, on ne peut pas suivre. »
Joëlle, 37 ans, actuellement en formation d’assistante de vie, estime être moins bien lotie que la génération précédente. « Mes parents avaient un travail, une maison, étaient assurés de percevoir leur retraite. Aujourd’hui, tout est plus compliqué. » Avec son mari, cadre à France Telecom, Joëlle loue un petit pavillon depuis septembre. « On voulait acheter mais les prix prennent des proportions folles. » Philippe, 39 ans, employé chez Alcan, est d’accord avec sa voisine. « L’accès à la propriété, c’est devenu mission impossible. Vous voyez cette maison là-bas, elle vaut 380 000 €, dit-il en montrant un pavillon un peu plus loin. Le banquier veut bien me prêter la moitié de la somme mais pour le reste je fais comment ? » Avec vingt ans d’ancienneté, Philippe gagne à peine plus qu’à ses débuts. Il s’inquiète pour la relève. « Quand je vois arriver dans ma boîte de jeunes ingénieurs payés 1200 € après cinq ans d’études, je me dis que quelque chose ne tourne pas rond. »
Sébastien TRANCHANT © 20 Minutes
Tags: économie, pouvoir d'achat, presidentielle














