Délires d’artistes à tous les étages

art

Dans le hall, du mobilier de bois brut signé d’un designer hollandais réputé. Au mur, une peinture multicolore « vintage » aux dimensions gigantesques. Au bout du couloir, une bibliothèque de 8 000 ouvrages. « Avec le musée des Beaux-Arts de Nantes, le Fonds régional d’art contemporain [Frac] est un des lieux les plus complets sur l’art contemporain dans la région », affirme son documentaliste, Emmanuel Lebeau. Créé en 1982, le Frac s’est beaucoup promené avant de s’implanter à Carquefou en 2000. Après l’abbaye royale de Fontevraud (Maine-et-Loire), la villa de la Garenne-Lemot et un entrepôt à Nantes, c’est depuis le technopôle de La Fleuriaye qu’il remplit aujourd’hui sa mission. A savoir, l’achat d’oeuvres et la sensibilisation du public à travers de nombreuses expositions organisées dans toute la région et à l’étranger. « Le site reste finalement assez proche du coeur de l’agglomération. Et surtout, ce bâtiment est totalement adapté à nos besoins, contrairement à nos anciens locaux, explique Emmanuelle Martini, l’une des douze permanentes du site. Nous disposons de deux salles d’exposition fréquentées par 9 000 visiteurs par an et de trois réserves climatisées qui permettent de conserver les oeuvres dans les meilleures conditions. » Au fil des ans, le Frac s’est constitué un trésor composé de 7 000 pièces. Chaque année, 150 000 € sont dépensés pour enrichir cette collection. Au sous-sol, dans les réserves interdites au public, on croise des oeuvres étonnantes : un mannequin de Tolstoï recouvert de fientes de poules ; une toile d’1 m2 entièrement réalisée en rouge à lèvres ; un fiacre miniature en mie de pain et feuilles d’or… « La collection demande pas mal d’entretien, car beaucoup d’oeuvres sont réalisées à partir de matériaux expérimentaux », souligne la restauratrice Carmen Beillevaire. En ce moment, elle travaille sur Le Bar des acariens, exposé il y a quelques mois au Grand Palais, à Paris, mais endommagé depuis par la lumière du soleil. Dans son bureau, Carmen bichonne les oeuvres abîmées. Et passe, quand c’est nécessaire, « un petit coup de fil à l’artiste ».

Sébastien TRANCHANT © 20 Minutes

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