Pef dénonce la honte des mines
11 déc, 2005 initiative
Le père du Prince de Motordu est à Belgrade à l’occasion de la traduction d’Une si jolie poupée.
Maquillées de couleurs vives au Kosovo, les mines antipersonnel frappent, elles amputent, elles tuent. Dissimulées dans des jouets en Tchétchénie et à la frontière irano-afghane, elles tuent aussi. Les enfants sont clairement désignés comme cibles. Une « honte » dénoncée par le dessinateur bas-normand Pef, auteur de la célébrissime saga du Prince de Motordu et grand ami des enfants. « Cela fait dix ans que ces enfants d’ex-Yougoslavie ne jouent plus dans la nature à cause des mines. D’ailleurs, on me l’a dit : ? Ne vous promenez pas dans les collines. » Vendredi, il a entamé une tournée d’une semaine en ex-Yougoslavie à l’occasion de la sortie des versions serbe, croate et bosniaque de son livre Une si jolie poupée racontant l’histoire d’une petite poupée dans laquelle on dissimule une mine qui arrache la main d’un enfant. Un sujet grave que l’auteur est « très fier » d’aller expliquer aux enfants des Balkans. Ces prochains jours, Pef rencontrera des élèves de six classes bosniaques âgés de 9 à 11 ans. Il rencontrera aussi des démineurs, et sera reçu au centre culturel français de Belgrade et au centre André-Malraux de Sarajevo pour parler de son livre paru en 2001 en France. « C’est ma contribution à une culture humaniste qui fait son petit bonhomme de chemin parmi les populations concernées. »
Pef s’était déjà rendu il y a un an dans cette région. À Novi-Pazar dans la province du Sandjak. « Grâce à ma soeur qui a longtemps travaillé pour une ONG là-bas, nous avions organisé une petite exposition des planches originales d’Une si jolie poupée. C’est à cette époque que je suis rentré en contact avec le centre culturel français de Belgrade », explique Pef. Évoquer dans son exposition le sujet douloureux des mines antipersonnel avait, l’an passé, crispé pas mal de monde. « Des instituteurs locaux avaient été choqués par mes dessins qui réveillaient des souvenirs tragiques », se souvient l’artiste. « Les mines sont les traces honteuses et tueuses d’une réalité que l’on veut oublier. Mon livre a finalement été traduit grâce au soutien du centre culturel français de Belgrade. Les textes et les images ont eu raison des appréhensions. Les enfants sont captivés par le livre. Les préjugés sont devenus totalement favorables. » L’artiste aimerait désormais que son livre soit traduit en anglais et accessible aux enfants de Birmanie.
Sébastien TRANCHANT © Ouest-France
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