Emma a trouvé un emploi
1 avr, 2008 initiative
Echarpe en bandoulière, Emma, une jeune rennaise de 22 ans diplômée en communication, a serré des pinces et tracté sur tous les marchés de la capitale bretonne lors des dernières élections municipales. Habituée aux petits boulots pour s’en sortir, la pétillante jeune femme n’avait pourtant rien d’une militante politique.
Au milieu des élus distribuant les promesses, elle avait choisi de distribuer son CV pour diffuser le plus largement possible ses références professionnelles. Parallèlement, à la manière d’une militante, elle animait un blog de campagne au ton « décalé ». Mais là encore, rien à voir avec la langue politique. Tout naturellement, de nombreux médias ont relayé son audace : des journaux régionaux, des radios, des chaînes de télévision. Confiante, Emma croyait en sa bonne étoile médiatique. Puis le soufflet est retombé. Les radios, les télés se sont tues, et la jeune femme a dû se rendre à l’évidence : « les retombées n’ont pas été à la hauteur de mes espérances. Certains recruteurs m’ont même dit qu’une personnalité comme la mienne, capable de monter un projet aussi gonflé, était forcément envahissante dans une entreprise » explique Emma.
La DRH d’une entreprise d’incentive de la région rennaise, elle, n’a pas hésité longtemps. « Le ton décalé de mon CV et l’originalité de ma démarche lui ont plu tout de suite. Cela collait à l’esprit qu’elle voulait donner à sa société. Un poste d’assistante en communication a été créé pour moi. J’ai signé un CDD de 6 mois qui doit être confirmé en CDI à terme, se réjouit Emma salariée depuis le 1er avril. Je suis très heureuse dans mon nouveau travail et, avec le recul, je ne changerais rien à ce parcours. » Son conseil aux jeunes qui galèrent : « Osez, n’ayez pas peur de montrer votre vraie personnalité à la personne en face de vous ! »
Sébastien TRANCHANT © Keljob.com
Chez le marquis, ça papillonne
4 avr, 2007 parcours
Le lieu est à la fois magique et fragile. Créée il y a plus de vingt ans par le Marquis de Goulaine, la volière de papillons du château de Goulaine est à nouveau ouverte depuis le 25 mars. Ici, au milieu d’une flore soignée, cohabitent en continu 150 papillons équatoriaux importés du monde entier. Porte-queues de Malaisie, morphos du Brésil, attacus de Formose, ou encore argema mitrei de Madagascar, la volière de 150 m2 réunit au total une trentaine d’espèces différentes. Chaque année, entre mars et novembre, 20 000 touristes leur rendent visites.
Après quelques tâtonnements, le système est aujourd’hui bien rodé. « Toutes les semaines, je commande mes papillons comme je commande un bouquet chez le fleuriste, sourit Robert de Goulaine. Cueillies chaque vendredi dans des élevages dispersés aux quatre coins de la planète, les chrysalides me sont adressées le mardi matin par des grossistes anglais via colis express. Dans cet état, les papillons sont comme momifiés. Leur carapace les rend moins fragiles. Ils supportent le voyage sans problème. » Le Marquis – qui a tout appris auprès d’un éleveur de papillons de Guernesey – changent de compagnie à sa guise et cela l’amuse. « En fonction des livraisons, la volière bouleverse sa dominante de couleur. Du rose, on passe au blanc puis au jaune. Je ne m’en lasse pas » confie le châtelain qui a essaimé en vingt ans une quinzaine de volières à travers l’Europe. « Au fil des ans, je suis devenu un dompteur de papillons, j’ai su me faire accepter des plantes, j’ai appris à les soigner naturellement. » Pour préserver ses hôtes volants, ce jardinier passionné n’utilise ni engrais ni pesticide. « J’ai introduit dans la volière des insectes qui mangent les insectes qui se nourrissent des plantes. Et trois cailles de Chine se chargent de nettoyer le sol. » Un microcosme choyé et bichonné. Un vrai petit coin de paradis.
Sébastien TRANCHANT © 20 Minutes
Tags: marquis de goulaine, pays de la loire, portrait, tourisme
Florence Foresti, belle de scène
26 déc, 2006 parcours

Elle est d’une nouvelle génération de femmes humoristes : Après Sylvie Joly et Muriel Robin, voici Florence Foresti, dont le succès populaire a ouvert la voie aux Julie Ferrier, Stéphanie Bataille, et autres Rachida Khalil. Dans son one-woman-show, le deuxième, elle fait la peau aux relations hommes/femmes.
« Vous devez vous dire : qu’est-ce qu’elle est belle en vrai ! Rassurez-vous tout est faux ! Sous mon costume, je suis une blonde chatoyante d’ 1,75 m au garrot. » Cette réplique vous dit quelque chose ? Si vous ne connaissez pas encore Florence Foresti, brune d’1,50 m, cela ne saurait tarder. Car, à 33 ans, elle est l’humoriste montante de la scène française. On la voit partout : à la télévision, au cinéma (dans le film belge Dikkenek, l’été dernier), et sur scène bien sûr. Son spectacle « Florence Foresti fait des sketches » se joue à guichet fermé, et son DVD cartonne (300 000 exemplaires vendus). Après une interruption de quelques semaines, suite à une opération de l’appendicite, elle achève à partir de ce soir une tournée triomphale par six représentations, à l’Olympia (complet). « Tout ça ne m’est pas tombé du ciel. Cela fait quand même dix ans que je suis sur scène » rappelle l’humoriste.
Adolescente déjà, « Flo » est la petite rigolote de la bande. Au lycée Saint-Just dans le 5e arrondissement de Lyon, « l’élève studieuse au look garçon manqué, amoureuse de Jean-Luc Delarue et fan de Madonna » a la blague facile. « Faire rire, j’adorais ça ! Mais ce que j’aimais par-dessus tout c’était les spectacles de fin d’année. L’atmosphère de la scène, la frénésie des coulisses, tout était magique » confie l’artiste qui se cherche pendant plusieurs années avant de se lancer dans le grand bain des spectacles. Après des études de cinéma, puis des cours de théâtre, elle vit de petits boulots. Travaille au service communication d’EDF, devient infographiste. Mais le stylo la démange. Le soir, elle écrit ses premiers sketches et joue au Nombril du Monde, un café-théâtre lyonnais.
Thierry Buenafuente, son prof, qui est resté proche de l’artiste se souvient : « Elle est arrivée un peu sur la réserve. Mais je l’ai très vite remarquée car sur scène elle débordait d’énergie. Quand elle était lancée, elle dépassait tous les autres. » Stéphane Fioc, un autre ami, confirme : « Flo a toujours eu la culture de la déconne. A côté de ça, elle était très angoissée. Pas le genre angoisse maladive, mais plutôt l’angoisse qui accompagne tous les artistes. Elle testait sur nous les blagues qu’elle avait écrites la veille. Elle le faisait sans nous le dire, juste pour voir nos réactions. »
C’est dans un trio formé avec Cécile Giroud et Céline Iannucci, deux autres pointures de la comédie, que Florence Foresti fait ses premiers pas sur scène. « On s’appelait les Taupes Models et on tournait un peu partout. Au début, je menais une double vie : au travail la journée et sur scène le soir. Quand on a commencé à avoir du succès, j’ai pu lâcher mon job. J’étais super heureuse de pouvoir vivre de ma passion pour la scène. » Tout sourit aux drôles de dames : en 2001, elles assurent la première partie d’Anne Roumanoff à Bobino. Pourtant, Florence quitte la troupe. « J’y ai réfléchi pendant un an, j’en étais malade. Mais l’envie de me lancer sur scène en solo était plus forte que tout. Mes copines m’en ont beaucoup voulu car notre spectacle marchait fort. Depuis elles m’ont pardonné. Elles sont toujours mes amies et c’est le plus important. »
Seule en scène, Florence Foresti doit trouver sa voie. Un exercice pas facile : « Quand je revois mes anciens spectacles, je m’aperçois que j’étais très influencée par les autres humoristes (Muriel Robin notamment, la « voisine » originaire de Saint-Etienne). C’est normal. Au début, on imite ceux qu’on aime. Puis, petit à petit, on trouve son propre style. » Son style justement, elle le définit comme « un humour bouledogue un peu rentre-dedans ». Bouledogue, comme son chien Bernie qui la suit partout. Dans ses sketches pleins de malice et d’autodérision, elle épingle nos petits travers et nos grandes lâchetés : la futilité des filles et des garçons, le machisme dans l’entreprise, les vacheries entre collègues. « J’aime écrire sur ces thèmes. Entre les hommes et les femmes, ça bouge tout le temps. Ce sont des relations qu’on bricole. » Des références à la vie quotidienne en forme de vécu : « C’est nul les garçons, parce qu’en été ça veut toujours nager jusqu’à la bouée. Et nous les filles, on est tout le temps obligées de leur faire ‘coucou’ pour leur faire croire qu’on est contentes ! »
Le public en raffole. Chaque soir, c’est standing ovation pour cette « belle de scène » qui reconnaît que la télévision – dans l’émission 20h10 pétantes sur Canal +, puis au côtés de Laurent Ruquier sur France 2 – « a beaucoup changé la donne. Je me suis fais connaître de millions de téléspectateurs et cela m’a permis de fidéliser un public. Ce sont les médias qui créent la notoriété. » Ses imitations télé de Ségolène Royal ou de Madonna font un carton sur le site internet You Tube. Si l’humoriste est aujourd’hui si populaire, c’est sans doute parce qu’elle est toujours restée fidèle à un principe : « ne pas reproduire sur scène ce que je fais à la télévision. » Et c’est payant.
Sébastien TRANCHANT © Ouest-France
Tags: florence foresti, humour, portrait



