Le mirage du boulot par le buzz
4 fév, 2010 emploi
« Un exercice casse-gueule. » C’est ainsi que de nombreux recruteurs jugent cette pratique de plus en plus répandue parmi les chômeurs consistant à faire du buzz autour de leur personne. Depuis quelque temps, CV vidéos, blogs aux slogans chocs, campagnes de «street marketing» et distribution de CV dans les rues ont la cote chez les demandeurs d’emploi. On se souvient -pour ne citer qu’eux- de Jean-Pierre Le Floch, directeur financier quinquagénaire qui promettait 50.000 euros à celui qui lui trouverait un job; d’Isabelle Moreau qui « communiquait niquait-niquait » en chanson par CV vidéo interposé, ou encore de Bernard Mauriange, directeur commercial, qui -lorsqu’il était encore au chômage- se vendait comme un paquet de lessive en 4×3 sur une route de campagne. Pour exorciser leur peur du déclassement, ces demandeurs d’emploi bravent le ridicule: tout est bon pour trouver un job et « tenir psychologiquement » après des mois de recherches infructueuses.
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Tags: crise, cv, recherche d'emploi, recrutement
Un CV Twitt’ fait bien fait
12 mai, 2009 emploi, initiative
Je vous parlais il y a quelques jours de « G », cet homme mystère qui recherche un emploi via le site de microbbloging Twitter. Eh bien, dans un autre registre, en voici un autre : Anthony Roussel, analyste programmeur de 27 ans, et auteur du 1er « Twitt’CV ». Actuellement en poste dans une entreprise d’import export à Bangkok (Thaïlande), le jeune homme recherche un nouveau job sur place, voire en France dans l’optique d’un hypothétique retour d’ici la rentrée de septembre.
Toujours à l’affût des bonnes initiatives pour vous aider à « construire votre sortie de crise », j’ai interrogé Anthony sur sa démarche. Voici ce qu’il m’a répondu :
« Dès le départ je savais que trouver un job via Twitter serait un challenge quasi impossible. Ma démarche fût donc plutôt de créer une présentation de CV qui n’avait encore jamais été réalisée – et ainsi créer un buzz – le but étant, au final, de dépasser le réseau fermé des « twitteux » français pour retrouver des infos de ma candidature sur divers blogs et sites. Miser sur d’autres retombées que Twitter m’est apparu indispensable car, en France, Twitter reste essentiellement utilisé par des « geeks » à l’inverse des Etats-Unis où le site est devenu un outil à part entière de la recherche d’emploi avec le service Twitterjobsearch.com ».
Se servir de Twitter comme support tout en misant sur le bouche-à-oreille et les reprises sur d’autres supports de la Toile, une idée simple mais qui s’avère de plus en plus incontournable. Comme le disait l’homme mystère dans mon précédent post : « Pour rechercher un emploi aujourd’hui, il faut veiller à ne pas laisser de côté les moyens additionnels ». Ainsi n’hésitez pas à miser sur l’originalité et à poster l’URL de votre CV sur les relayeurs d’infos. Personnellement je n’ai pas découvert le « Twitt’CV » d’Anthony sur Twitter mais sur Blogasty. A bon entendeur…
S.T
Tags: cv, humour, jeunes diplomes, nouvelles technologies, recrutement
«Stivostin» : un clip… et un heureux clap de fin
28 avr, 2009 initiative
Il a trouvé un nouveau job…et passe au 20 h de France2 ce soir!
Si vous êtes familier du web, vous n’avez pas pu le rater. Car depuis une semaine, Stivostin – alias Nicolas Catard – est devenu une star des sites de partage vidéo avec son tube « Je veux travailler ». Bref rembobinage : il y a de cela quelques semaines Nicolas, 37 ans, perd son emploi de consultant technique pour un portail web. Ne se voyant pas rester au chômage pendant un an, il se lance dans un projet un peu dingue : écrire une chanson de R & B et tourner un clip pour faire du buzz. A partir de là, tout va aller très vite.
« Depuis la mise en ligne de ma vidéo il y a une semaine, elle a été consultée 28 000 fois sur Dailymotion, j’ai enregistré 4500 pages vues sur mon site perso et reçu 300 emails. » Un joli coup de buzz qui a rapidement porté ses fruits car après « sept entretiens dont trois pour la même société », le chanteur amateur a déjà retrouvé un job.
« J’ai décroché un poste avec des responsabilités assez diverses dans une start up positionnée sur le marché des web TV et des réseaux d’écrans, explique Nicolas. Je vais être à la fois gestionnaire de comptes clients, référant technique, et en charge des relations avec les web agencies. C’est une entreprise en plein essor et que je connaissais déjà de réputation. C’est exactement ce que j’aime faire. Je vais être comme un poisson dans l’eau. Je commence le 12 mai. Il me tarde de travailler ! »
Retrouver un job à responsabilité en seulement une semaine en pleine sinistrose, chapeau l’artiste ! « Le clip a bien sûr beaucoup aidé, dit-il. Car les réactions des recruteurs étaient assez unanimes. Ils m’ont tous dit que c’était une excellente idée. Ils ont été particulièrement sensibles au message délivré qui est très positif. »
Une histoire singulière qui vaut à Nicolas d’avoir les faveurs du 20 heures de France2 ce soir (sauf changement de dernière minute). Quelle semaine !
Sébastien TRANCHANT
Tags: cadre, humour, nouvelles technologies, recherche d'emploi, recrutement
Les cadres sont des quiches en anglais, et après ?
5 fév, 2009 entreprise, management

Si l’envie vous prend de demander aux recruteurs sur quelle partie de leur CV les candidats « enjolivent » le plus leurs compétences, la grande majorité vous répondra : « Les langues ». Satanées langues étrangères – anglais en tête – qu’il faut, dit-on, obligatoirement maîtriser pour obtenir un poste à responsabilités. Rappelons tout de même que notre président de la République demeure une quiche en anglais et que Jean-Pierre Raffarin, feu notre premier ministre, avait fait un four lors d’une conférence de presse sur le Traité européen avec une phrase restée dans les annales : « Win, the yes needs the no to win against the no ! » Une perle encore régulièrement visionnée sur les sites de partage vidéo…
Beaucoup survendent leur niveau
Mais revenons à nos moutons et à leur niveau plus ou moins fluent en langues étrangères. Selon une étude récente réalisée par l’Ifop, 49% des cadres français se disent mal à l’aise lorsqu’ils sont confrontés à une langue étrangère dans leur activité professionnelle, alors que dans le même temps ils sont 75% à déclarer parler une, voire plusieurs autres langues… Etrange paradoxe, isn’t it ? A moins qu’on arrête l’hypocrisie et que l’on reconnaisse une bonne fois pour toute que les entreprises françaises sont pleines de salariés qui survendent en permanence leur niveau en langue. Ce qui au passage demeure inquiétant en matière de compétitivité, selon certains professionnels : « Face au multilinguisme idéalisé, les cadres manquent encore cruellement de compétences et d’outils pour incarner cette compétitivité » déclare Dimitris Sabatakis, président de Systran, leader mondial des technologies de traduction automatique.
« Comme tout le monde, je pipeaute »
Malgré ce constat, les cadres pratiquant l’anglais s’attribuent en moyenne une note « indulgente » se moque (un peu) l’étude de 7,7 / 10. Signe qu’on finit toujours par croire à ses boniments. « J’ai inscrit sur mon CV anglais lu, écrit, parlé, mais je redoute à chaque fois lors d’un entretien qu’on me teste sur mon niveau, reconnaît Erwan, 30 ans, cadre dans l’assurance. La réalité c’est que je me débrouille en anglais mais je ne peux quand même pas écrire ça sur mon CV ! Alors comme tout le monde, je pipeaute…Mais franchement, je ne me considère pas comme le plus nul de mon service. »
L’expérience compense les lacunes
D’autres font le choix inverse et préfèrent la jouer humble sur leur réelle compétence en langue. Comme Thierry, 50 ans, cadre commercial dans une entreprise internationale de matériel médical, de son propre aveu « une truffe en anglais » et par ailleurs – ça ne s’invente pas – marié depuis 20 ans à une canadienne anglophone : « J’ai toujours été franc avec les recruteurs et mes managers sur mon niveau d’anglais car je pouvais mettre en avant d’autres qualités comme mon expérience métier ou encore mon carnet d’adresses, explique-t-il. Et quand ils abordaient directement le sujet, je leur répondais systématiquement par une question : selon vous, qu’est-ce qui est le plus important, la connaissance du produit ou le niveau d’anglais ? » Il poursuit : « A mon niveau, l’anglais est un outil important mais pas indispensable. Je l’utilise à l’occasion de quelques voyages ou encore pour répondre à une quinzaine de mails par jour. Mais je reconnais que si on vise un très haut niveau de responsabilités, c’est indispensable. »
Présentation Power Point à Los Angeles
N’empêche, on peut être une « truffe » en anglais et être tout à fait capable de se surpasser. Comme ce jour où Thierry a dû animer une présentation Power Point devant 250 collaborateurs lors d’un séminaire international organisé à Los Angeles ! « J’étais forcément un peu angoissé, se souvient-il. Toutefois la présentation s’est bien passée car j’avais fait valider mon discours par un collègue bilingue. Ce que je redoutais le plus c’était le moment où l’assistance allait me poser des questions pour préciser mes propos. J’ai préféré opter pour la transparence en me faisant aider par un manager. J’ai conscience néanmoins de pouvoir bénéficier d’une certaine tolérance grâce au montant de mes ventes. Car si je n’obtenais aucun résultats, il y a longtemps que mes patrons m’auraient filé un coup de gourdin. »
150 mots de vocabulaire suffisent
Même argument pour Chantal, 46 ans, responsable marketing et plus de 25 ans d’expérience dans le business des petites annonces : « C’est l’expérience qui compte même si effectivement il faut pouvoir s’adapter quand on a affaire à un client anglophone. Mais ce n’est pas non plus insurmontable : pour les conversations téléphoniques je mets le haut-parleur et demande l’aide d’un collègue, et pour les emails je comprends toujours la trame générale donc ça passe. » Surtout que le jargon professionnel se maîtrise beaucoup plus rapidement que la langue de Shakespeare stricto sensu. « Personnellement, je connais 150 termes techniques et ça me suffit pour tisser une relation commerciale avec mon interlocuteur, rapporte Thierry. En revanche, c’est vrai que je suis un peu court pour parler de la pluie et du beau temps mais on ne m’en a jamais tenu rigueur. »
Accélérateur de carrière pour les jeunes
Reste que, lorsqu’on n’a aucun savoir-faire à « vendre » pour compenser son faible niveau d’anglais, la carrière est plutôt mal engagée. C’est pourquoi les jeunes qui arrivent sur le marché de l’emploi « sont quasi obligés de maîtriser une langue étrangère, estime Chantal, car à niveau d’études égal c’est pour eux le seul moyen de se démarquer les uns des autres. » Un constat confirmé par Maxime, 30 ans, acheteur trilingue : « Dans mon entreprise, environ 10% des cadres sont en contact avec nos clients étrangers et pour espérer en être il fallait obligatoirement que je parle anglais. » Le « pipeautage » a ses limites.
Sébastien TRANCHANT © Cadremploi.fr
Tags: entreprise, management, recrutement
KFC simule pour recruter
4 juin, 2008 emploi

Le recrutement sans CV fait des émules. KFC, une enseigne de restauration rapide, vient d’organiser une journée de sélection avec l’ANPE où la moitié des candidats ont décroché un CDI. Eclairage sur cette méthode qui évalue les compétences en direct, plutôt que la façon d’en parler.
Ce jeudi 29 mai à Sarcelles et Goussainville, ils sont 24 demandeurs d’emploi rassemblés dans une salle de classe au sein de locaux de l’ANPE. Ils s’apprêtent à passer des examens pour savoir s’ils sont faits pour le métier d’employé polyvalent de restauration chez KFC, une enseigne qui veut passer de 58 à 100 restaurants d’ici 2010. Face à cette studieuse assemblée, Stéphane Garay, conseiller pour l’emploi dans le Val d’Oise, explique : « Vous avez trois heures pour réaliser quatre exercices notés sur 509 points et il vous en faut 330 pour décrocher votre entretien. »
Montrer ce que l’on sait faire
Des exercices qui n’ont donc rien à voir avec les bons vieux tests psychotechniques utilisés dans les recrutements traditionnels : « Le premier est un exercice oral qui sert à mesurer votre habilité à accueillir les clients. Le deuxième doit évaluer votre capacité à respecter une consigne stricte à l’aide de couleurs ; le troisième est un exercice de calcul mental où l’on vous demande un historique de caisse ; le quatrième est un travail d’équipe sur l’élaboration d’un plan de table » énumère-t-il. « Si vous savez lire, écrire et compter correctement, cela devrait bien se passer. Je ne suis pas psychologue, vous ne passez pas de tests. Vous êtes là pour décrocher votre futur travail, c’est tout. » D’abord angoissés, les demandeurs d’emploi se détendent à mesure que le temps s’écoule. « Rouge, bleu, rouge, vert, bleu…l’exercice a été compris. C’est parfait. » Certains lâchent un timide sourire à l’annonce du verdict de l’examinateur. Au soir du 2 juin, sur 24 candidats présentés 11 seront finalement embauchés en CDI par KFC.
Grâce à cette technique 41 000 personnes ont ainsi été recrutées l’an passé, deux fois plus qu’en 2006. Importée du Canada au milieu des années 90, la méthode de recrutement par simulation (MRS) qui bannît les critères de sélection classiques (CV et expérience) en s’appuyant davantage sur l’évaluation des habilités des candidats à l’emploi s’est réellement imposée en France depuis les émeutes de 2005 en banlieues. Pour les métiers en tension qui ne demandent pas de diplôme spécifique, l’efficacité du procédé est reconnue par tous. Dans le Val d’Oise par exemple, la « plate-forme de vocation » (l’appellation exacte de cette salle où se déroule les évaluations) de Sarcelles affiche sur deux ans un taux de placement de ses candidats de 56 %. Une statistique qui réjouit l’ANPE mais aussi une quarantaine d’enseignes « clientes » (Veolia, Adecco, C&A, Autobacs…).
« Moins de turn-over »
« Cette méthode nous satisfait car elle est totalement adaptée à nos objectifs de recrutement, explique Isabelle Harion, conseillère ressources humaines chez KFC. Nous ne souhaitons pas embaucher de candidats sur-qualifiés généralement peu fidèles mais des personnes possédant le bon profil c’est à dire dotées d’une capacité de résistance au stress et d’un sens du travail en équipe. En deux ans, nous avons déjà recruté 900 employés sur toute la France via MRS et nous observons moins de turn-over dans nos restaurants. » Un taux d’échec moins important pour le recruteur qui ne surprend pas Jean-François Amadieu, directeur de l’Observatoire des discriminations. « La validité prédictive de ces exercices est bien supérieure à celle d’un entretien ou d’un CV. Et en plus si le candidat décroche finalement un emploi alors qu’il s’était persuadé que c’était impossible du fait de son niveau scolaire ou de sa couleur de peau, c’est logique qu’il soit plus fidèle. »
Pour Sofia Fernandez, directrice de l’agence ANPE de Gonesse, la méthode par simulation est appréciée des entreprises car elles y voient aussi un moyen de gagner du temps. « La MRS permet en effet d’externaliser une grande partie du processus de recrutement dans un respect de diversité et d’égalité des chances. Les entreprises n’interviennent qu’en bout de chaîne pour valider en entretien les motivations des candidats retenus. Pour elles, le procédé conjugue rapidité et rentabilité maximum. » Seule contrainte du système : il ne peut être « déclenché » que pour une procédure de trois ou quatre recrutements minimum. « Sous ce seuil, ce n’est pas rentable pour l’ANPE » explique une responsable d’agence.
Des exercices certifiés par les entreprises
Pour tester l’habilité des candidats préalablement sélectionnés par les services de l’ANPE, chacune des 110 plates-formes de vocation implantées sur le territoire organise ses propres sessions. « Chaque rendez-vous dure au maximum une journée et les candidats planchent sur une série d’exercices sur-mesure liés au métier visé », commente Marie-Thérèse Davoisne, responsable de la plate-forme du Val d’Oise. Des exercices élaborés par des experts censés traduire les exigences et contraintes de chaque poste et certifiés par les entreprises. « Je me souviens d’un atelier mis au point pour recruter des ajusteurs-monteurs cellule aéronef pour Dassault aviation, rapporte Marie-Thérèse Davoisne. Les candidats devaient reproduire parfaitement le geste de soudure avec un gros feutre de couleur. Et s’ils dépassaient les contours, ils étaient éliminés. » A l’heure actuelle, la MRS est utilisée pour répondre aux besoins sur des emplois peu qualifiés. Mais certaines entreprises comme KFC envisagent déjà d’adapter la méthode pour des postes de manager d’équipe.
Sébastien TRANCHANT © Keljob.com
« Mon CV ne me permettait pas de décrocher un CDI »
Isabelle Bhist, 23 ans, employée administrative au restaurant KFC de Garges-lès-Gonesse
« J’ai été convoquée au début de l’année 2007 pour participer à une session de recrutement par simulation. Cinquante CDI à temps partiel d’employé polyvalent de restauration étaient à pourvoir en raison de l’ouverture prochaine d’un restaurant KFC à Garges-lès-Gonesse. Sans cette méthode de recrutement, jamais je n’aurais eu l’opportunité de décrocher un CDI. A l’époque, mon CV n’était pas bon – je ne comptais que quelques mois d’expérience en caisse à la Fnac – et j’ai toujours eu des difficultés pour rédiger des lettres de motivation satisfaisantes. Les exercices se sont bien passés, je les ai même trouvés faciles. Le truc, c’est qu’il faut rester calme et concentré. C’est généralement le stress de la situation qui fait perdre les pédales aux candidats. Quelques jours après les exercices de simulation, j’ai été convoquée pour un entretien au siège de l’entreprise KFC. L’entrevue s’est bien passée et j’ai signé mon premier CDI [à temps partiel] dans la foulée. »
Promue après 3 mois de travail
« Je me suis tout de suite sentie épanouie au milieu de mes collègues et mon travail m’a plu d’emblée. Au bout de quelques semaines, mon responsable a remarqué ma motivation et m’a très rapidement proposé un emploi d’employée administrative à temps plein. J’occupe ce poste depuis avril 2007. Mon quotidien consiste à organiser le planning de mes collègues, à gérer les paies et les nombreuses commandes du restaurant. Je suis la preuve que l’on peut être recruté par MRS et bénéficier rapidement d’une promotion. Nous ne sommes pas de sous-salariés, mal payés et déconsidérés. Aujourd’hui je suis très heureuse, j’ai beaucoup plus confiance en moi. Je viens de commencer une formation par correspondance pour acquérir une qualification en ressources humaines. »
S.T © Keljob.com
Tags: kfc, MRS, recrutement
Les patrons misent sur le jeu pour sélectionner les étudiants
17 mar, 2004 emploi

Les grandes entreprises recherchent des jeunes diplômés capables de décider dans l’urgence et sous la contrainte. Les jeux de simulation sont leur outil préféré pour y parvenir.
Pour se faire recruter aujourd’hui, avoir une tête bien pleine ne suffit plus. Il faut gagner aux jeux ! De grandes entreprises encouragent les étudiants à participer à des business games qu’elles organisent en collaboration avec de célèbres établissements de formation. De quoi s’agit-il ? L’e-Strat-Challenge de L’Oréal existe depuis quatre ans et consiste à gérer pendant six semaines, via internet, une entreprise leader mondial dans le domaine des cosmétiques, jumelle en tout point de L’Oréal. « Nous sélectionnons tout d’abord, dans cent treize pays, mille équipes de trois étudiants. Les deux cent cinquante plus performantes dans la gestion d’entreprise auront ensuite à rédiger un business plan détaillé. Enfin, à Paris, quinze finalistes défendront leur stratégie devant un jury composé notamment de managers de L’Oréal », explique Jean-Claude Le Grand, directeur du recrutement international. Pour sa quatrième édition, plus de trente milleétudiants du monde entier se sont inscrits à l’e-Strat-Challenge. Une audience multipliée par douze depuis la création du jeu. A se demander si cette pratique n’est pas, au final, plus sélective qu’une procédure de recrutement classique.
Le staff de L’Oréal organise également chaque année depuis douze ans dans près de trente pays le Marketing Award, davantage destiné aux étudiants des écoles de commerce. Cette année, les participants doivent élaborer la stratégie marketing internationale de la marque Biotherm Homme. Les équipes sont aidées dans leur démarche par une agence de publicité et de développement packaging. « Ces deux jeux sont un formidable moyen de détection de jeunes talents, car nous jugeons leurs aptitudes à résoudre une problématique concrète. L’an passé, nous avons embauché cent quatorze jeunes diplômés par ce procédé, qui demeure l’outil le plus élaboré de notre stratégie de recrutement », confie Jean-Claude Le Grand.
Se rapprocher des écoles
Chez Danone, « on n’est pas aussi ambitieux pour le moment ». Depuis le 6 mars est lancé, en phase pilote, Trust, « un grand jeu d’entreprise qui a pour particularité d’intégrer les problématiques de responsabilité sociale et environnementale dans la gestion des affaires ». Le but ? « Faire connaître Danone parmi les étudiants, sa spécificité, sa culture et ses pratiques managériales », déclare Christine Gas, directrice du sourcing international. Les six cents participants répartis dans six pays (Chine, Espagne, France, Italie, Mexique et République tchèque) gèrent pendant une journée, grâce à un logiciel de management et par équipes de cinq, trois années d’une filiale fictive rachetée en Amérique latine. « Opportunités d’OPA, grossistes récalcitrants, manifestations hostiles à l’implantation du nouveau site… les participants se confrontent aux soucis quotidiens d’un chef d’entreprise. Et ce n’est pas parce que, à 22 ans, on s’est trompé dans une décision stratégique qu’on ne sera jamais bon », dédramatise Christine Gas. Pour le moment, Danone ne promet pas de poste précis aux gagnants, mais Trust s’imposera de lui-même dans la démarche de recrutement du groupe s’il déniche des profils intéressants.
Car le but de ce genre de compétition est avant tout d’infiltrer les écoles afin de tisser un rapport privilégié avec leurs meilleurs éléments. Via les business games, L’Oréal soigne son image auprès de cent quinze écoles à travers le monde dont la prestigieuse université Harvard aux Etats-Unis et l’Insead de Fontainebleau. De son côté, Danone s’est rapproché d’une vingtaine d’écoles et d’université notamment Paris-Dauphine et l’ECSP-EAP. « Les business games sont un outil très intelligent de communication pour les entreprises, car les étudiants sont actifs et non plus passifs dans la relation. Les jeunes ont l’impression de maîtriser ce qu’on leur demande alors que, lors d’un entretien, nombreux sont ceux qui ont l’impression de subir. L’importance de ces jeux prend aussi tout son sens en période de crise quand les grands comptes ciblent tous les mêmes profils et les meilleurs établissements de formation », analyse Guillaume Verney-Carron du cabinet de conseil en ressources humaines Personalis.
Les business games sont prioritaires dans le recrutement des entreprises qui les pratiquent mais ne se suffisent pas pour autant à eux-mêmes. Jean-Claude Le Grand l’assure : « Nous nous entretenons quatre fois avec les meilleurs participants de nos jeux. La décision finale se fait ensuite par cooptation. »
Sébastien TRANCHANT © LEntreprise.com
Tags: emploi, jeu, recrutement




